Litopenaeus stylirostris : la crevette calédonienne

Publié le par iguazub

Suite à la visite de l’écloserie du Nord (Koné), des fermes Blue Lagoon Farm (Koné) et Webuihoone (Voh) et enfin de l’usine de conditionnement STANC (Koné), soit quasiment de toutes les étapes de la filière aquacole calédonienne, m'a donné l'idée de vous faire partager ces moments riches en enseignements. Vous trouverez un album photo spéciale 'Aquaculture' afin de suivre en images, toutes ces étapes. Biensûr, vous ne verrez pas tout car certaines facettes du métier restent confidentielles. En attendant, laissez moi vous conter ce métier passionnant...

Quels pays dominent la production ?

 La Thaïlande est récemment passée en tête (depuis 1999) et fournit plus de 25% de la production d’aquaculture avec 300 000 t, puis arrive la Chine avec 250 000 t, l'Indonésie, le Vietnam et l’Inde avec environ 100 000 t chacun,suivi du Brésil et de l'Equateur avec moins de 50 000 t chacun, et enfin très loin derrière la Nouvelle Calédonie avec moins de 2000 t (soit 0.01% du marché mondial) mais elle mise sur des critères stricts de qualité.

La crevette calédonienne, c'est plus de 30 ans d'expérience !

L’espèce élevée en Nouvelle-Calédonie (originaire du Mexique) a été retenue en raison de sa tolérance aux variations de température, de ses bonnes performances de croissance et de sa robustesse dans les conditions d’élevage locales.

Initié en Nouvelle Calédonie par le professeur Doumenge en 1970, l’élevage de la crevette n’a réellement atteint le stade industriel qu’en 1988 avec les premières exportations.

L’aquaculture de crevettes est aujourd’hui une activité phare de l’économie néo-calédonienne avec 3 écloseries, 2 provendiers, 16 fermes aquacoles et 3 usines de conditionnement (SOPAC à Nouméa, STANC à Koné, la pénéide de Ouano).

Le marché intérieur s’est  stabilisé, ce qui a contraint les producteurs du territoire à se tourner vers l’exportation pour écouler le reste de leur production.

Les marchés extérieurs sont des marchés ouverts, très concurrentiels. Les prix évoluent au jour le jour en fonction de la production des crevettes d’aquaculture et des crevettes pêchées dans le monde et des taux de change.

Les points faibles/points forts de la production calédonienne

Les points faibles :

·        Les épisodes bactériens sont associés à des mortalités saisonnières, c’est le cas du "syndrome 93" qui affecte les élevages dans leur phase de grossissement et se traduit par des taux de survie inférieurs aux seuils de rentabilité des fermes, et n'a pas à ce jour trouvé de solution.

·        le black spot (nécrose de la cuticule) est un frein à l’exportation des crevettes de qualité.

·        Les coûts de production sont élevés

L'aquaculture néo-calédonienne souffre de prix de revient trop élevés : non seulement les coûts de production sont naturellement élevés sur le territoire et aggravés par la distance séparant la Nouvelle-Calédonie des centres de consommation, mais, en outre, la production de ses concurrents se mesure en centaines de milliers de tonnes auxquelles sont attachés des coûts salariés plus faibles et d'importantes économies d'échelle.

·        Des petites superficies des fermes aquacoles (en moyenne = 41,5 ha en NC contre 500 ha à Madagascar, soit une superficie 10 fois moins importante).

·        La saisonnalité de la production : pour des raisons d’ordre biologiques (syndrome 93) et de mode de fonctionnement des fermes, plus de 70% de la production sont réalisés sur 4 mois de l’année. Cela nécessite un surinvestissement pour assurer les pics de production

·        Faible volume de crevette produit : environ 0,01 % de la production mondiale.

  Les points forts :

·        La traçabilité de la production de la crevette tout au long de la filière, la surveillance sanitaire stricte et cycle de production contrôlé à toutes les étapes.

·        Le respect de l’environnement : les mangroves et le lagon grâce aux techniques d’élevage semi intensives.

·        La NC est le seul pays producteur de crevettes au monde dont l’activité repose entièrement sur une espèce non native de la région et se reproduisant à partir de géniteurs captifs. Cette situation privilégiée lui a permis de ne pas être affectée par les pathologies qui touchent les autres pays producteurs, elle lui permet aussi de ne pas dépendre des crevettes du milieu naturel et de disposer à tout moment de géniteurs de qualité prêts à pondre.

·        La qualité, on peut se poser la question à savoir si la crevette est un produit ‘bio’ ? du fait du respect du cahier des charges : pas d’engrais chimiques, ni antibiotiques, ni additifs, ni colorants. Sa saveur, son calibre et sa couleur naturelle sont des atouts qui en font un produit haut de gamme. Obtention de la certification « Filière Qualité Carrefour » en 2000, du label « Critères Qualité Certifiés » en 2002 et ainsi que du label « Qualicert ».

·        Des clients partenaires : ceux-ci acceptent de payer les produits calédoniens plus chers que le prix du marché en échange d’une qualité garantie et de l’exclusivité sur leur marché. Cette politique commerciale permet à la SOPAC de vendre plus de 85 % de la production calédonienne à l’exportation.

Certes, dans un proche avenir, la Nouvelle-Calédonie voudrait augmenter sa production à 5000 tonnes/an (2000 tonnes actuellement) ce qui sous-entend l’augmentation des surfaces d’exploitation à 1300 ha (660 ha actuellement) et de la capacité de production de post larves, mais pour cela, c’est le défit que devront relever, ensemble, les Provinces, l’IFREMER, l’ERPA et toute la filière aquacole. Et ceci se fera probablement avec une nouvelle espèce originaire d'Hawaï que l'IFREMER a longuement étudié, elle permettra d'éviter tous les risques de consanguinité. 

Pour plus de renseignements, je vous conseille d'aller voir le site d'IFREMER.

 

 

Publié dans pêche

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